Les archives de la bibliothèque centrale de Tokyo

Une fois par an, la Tokyo Metropolitan Central Library ouvre ses archives à quelques heureux élus. La plus grande bibliothèque publique de Tokyo cache dans ses sous-sols quantité de trésors inestimables, ainsi qu’un service de restauration de livres anciens. Un lieu qui enchantent les férus de littérature.

Une bibliothèque à l’échelle de la ville

Fondée en 1973, la Tokyo Metropolitan Central Library est un havre de paix. Siégeant dans le quartier branché d’Azabu, repère des expatriés, son architecture cubique et moderne contraste avec son environnement. Par ailleurs, le petit parc dans lequel elle prend place, le Arisugawa-no-miya Memorial Park, offre d’agréables moments de détente. Tout particulièrement au printemps et à l’automne…

Le Arisugawa-no-miya Memorial Park

Cette bibliothèque, entièrement gratuite, dispose d’environ 2 millions de livres, magazines, journaux… Qui ne cessent de croître de jour en jour. Sa richesse réside dans une large collection d’environ 40.000 documents anciens en tout genre. Pour certains vieux de plus de 400 ans, ces documents retracent la construction et le quotidien d’Edo. Cela constitue une des plus grande archive du pays, où bon nombre d’étudiants et d’érudits viennent s’y documenter.

Dans les méandres des couloirs Manuscrit ancien

Régulièrement, des expositions temporaires y sont organisées afin de montrer toutes ces reliques. De plus, une à deux fois par an, la bibliothèque propose aux étrangers de visiter les “coulisses” de ce lieu saint. Depuis les salles d’archives, en passant par le service de traduction pour malvoyants, jusqu’au service de restauration, c’est une visite riche en découvertes. Ne manquez pas de vous inscrire sur leur site internet !

La restauration d’ouvrages : un métier délicat

Pour tout passionné de livres, visiter un service de restauration, c’est un peu comme se retrouver au beau milieu de la caverne d’Ali Baba. Les yeux brillent et disent tout le respect pour ces hommes et femmes qui passent leurs vies à nettoyer, détâcher, recoller, relier, regraver… Des montagnes de livres, vestiges de notre Histoire, qu’il faut à tout prix sauver de la destruction. Et c’est toujours émouvant d’être en présence d’un ouvrage qui a traversé les siècles.

le kozo au naturel

Pour la restauration et la préservation des livres anciens, un grand nombre de techniques existent. On retrouve comme élément principal, le traditionnel papier washi, employé pour sa souplesse et sa grande robustesse. Produit à base de bois kozo (mûrier), ce papier s’utilise beaucoup dans les maisons comme cloison séparative qui laisse passer la lumière (un détail que j’aime tout particulièrement). Ici, c’est pour sa capacité à résister aux chocs et pour sa transparence qu’on l’emploie. Selon son grammage, il est quasiment invisible une fois collé sur la feuille de papier restaurée. De la magie !…

Papier rescapé

Lors du séisme de 2011, le tsunami qui a suivi a ravagé des milliers d’ouvrages sur la côté Pacifique. Une gigantesque mission de sauvegarde a alors été engagée pour restaurer ce patrimoine, sous peine d’être à jamais perdu. Le pays a en outre mis en place un long processus de restauration, qui demanda énormément de patience, de douceur et de labeur. Au Japon, toujours manipulé avec respect, le livre représente la sagesse. On considère même certains ouvrages comme des Trésors Nationaux. Il était donc évident que l’on mette tout en oeuvre pour préserver ces ouvrages, dont la restauration d’un seul d’entre eux peut aller de quelques heures à plusieurs semaines, selon leur état et leur rareté.

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